Le Sénégal annonce le lancement de la phase de construction de son tout premier satellite en mars 2023. C’est la révélation faite par Gayane Faye, chef du laboratoire de Télédétection appliquée à l’UCAD.

Dans un entretien avec nos confrères du journal Le Quotidien, l’ingénieur soutient qu’à travers le ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique, des étudiants ont été envoyés en France pour étudier le projet.

«Cette année, il y aura dix personnes envoyées à Montpellier, 5 techniciens et 5 ingénieurs. Et ces étudiants qui vont à Montpellier vont travailler, à partir du mois de mars, sur le premier satellite sénégalais. Il s’agit donc d’étudiants formés dans les universités sénégalaises, qui viennent compléter leur formation appliquée dans le domaine spatial et qui vont fabriquer le premier satellite sénégalais à partir du mois de mars 2022.»

Selon lui, le lancement du satellite était prévu en 2021 mais, avec les aléas de la pandémie Covid19, cela a été reporté en 2023.

«Et on ne va pas se limiter à cela. Après ce lancement, on va aller vers des satellites plus grands, avec d’autres applications, les traitements et l’utilisation des données» promet le chercheur qui précise que le travail en est à sa première phase.

«Nous sommes dans la partie technologique, dans la construction, il s’agit d’étudiants des Ecoles polytechnique de Thiès, de Dakar et de Saint-Louis. Ce sont des ingénieurs et des techniciens en électromécanique, en télécommunications, en électronique, en mécanique, qui sont ciblés dans un premier temps. Mais après la construction des satellites, il y aura la production des données, et il y aura d’autres ressources humaines pour l’exploitation et les applications de ces données.»

Les données géo-spatiales, une ressource inépuisable au service de nos territoires

Le chef du Laboratoire de télédétection appliquée à l’UCAD a beaucoup insisté sur l’utili­sation des données géo-spatiales qui permettrait par exemple de régler le problème des inondations et de prendre à l’avance des mesures d’atténuation.

« On parle maintenant d’agriculture intelligente. Je donne un exemple très simple. Le Sénégal a besoin de connaître, à la fin de l’année, les superficies totales cultivées en riz, en arachide, en mil, en maïs…, et les statistiques de ces cultures pour bâtir un programme agricole et un programme alimentaire. Les données spatiales permettent de maîtriser tout cela. »

Il ajoute «On parle beaucoup d’érosion des sols, de feux de brousse, ces phénomènes peuvent être gérés avec les données géo-spatiales. Donc, ce sont les satellites qui tournent autour de la terre qui nous fournissent aujourd’hui des informations sur notre terre et que nous utilisons ensuite dans nos politiques pour gérer nos ressources et faire la planification. Donc, pour nous, l’espace nous permet de produire des connaissances qui vont nous permettre de mieux gérer nos territoires et mieux planifier. Ce n’est pas (encore) pour aller dans les nuages ou les galaxies