La Banque mondiale a lancé l’Initiative pour accélérer l’équité entre hommes et femmes et notamment permettre une partition efficace des femmes dans le développement socio-économique de leur communauté. L’annonce a été faite, hier, par la directrice générale de l’Institution pour les politiques de développement et les partenariats, Mari Pangestu, lors d’un webinaire sur le sujet.

Trouver des moyens efficaces d’aider les femmes à contribuer davantage dans le développement de leur pays, c’est ce que vise la Banque mondiale, avec le lancement de l’Initiative pour l’accélération de l’équité entre les genres. ‘’Nous lançons l’initiative pour accélérer l’équité. Il s’agit de comprendre quels sont les succès sur lesquels il faut la bâtir et quels enseignements il faut en tirer. Nous allons nous tourner vers l’avenir pour voir comment nous pouvons travailler efficacement pour l’équité des femmes entre des hommes, les garçons et les filles, et tirer parti de tous leurs potentiels dans un monde qui évolue’’, explique la directrice générale de la Banque mondiale pour les politiques de développement et les partenariats.

Mari Pangestu, qui s’exprimait hier, lors d’un webinaire sur le sujet, a relevé un investissement dans les femmes, un investissement ‘’économique intelligent et rentable’’ pour tous. ‘’La crise de la Covid-19 a montré les défis de longue date auxquels les femmes et les filles font face. Les effets de la Covid ont plus affecté les femmes que les hommes et ont exacerbé des obstacles persistants à l’équité homme-femme. La crise exige donc des solutions et présente également des opportunités. Le changement climatique, la fragilité et les conflits affectent les femmes, les filles et les garçons différemment. Ils font obstacle à la paix et à la prospérité. Nous devons donc nous focaliser sur comment aller au-delà des vulnérabilités des genres et chercher à autonomiser les femmes afin d’augmenter la résilience de leur communauté’’, renchérit-elle.

À l’échelle mondiale, souligne la ministre des Finances du Nigeria, les pays sont à un tournant ‘’important’’, lorsqu’il s’agit d’équité homme-femme. Pour Zainab Ahmed, l’équité est un ‘’moteur de développement’’ et mène à l’amélioration de la résilience. Et davantage l’autonomisation économique et sociale des femmes est au cœur du développement. ‘’Une des solutions, c’est de reconstituer les politiques budgétaires qui tiennent compte de la situation des femmes. Il faut également disposer de données et faire des évaluations qui mesurent les impacts des politiques. De nombreux pays ont des problèmes de politiques budgétaires et donc, il est important, pour les ministres des Finances, de considérer l’intégration de l’autonomisation à travers les différents piliers économiques. Il faut des budgets responsables sur le genre, des engagements financiers responsables et la collecte de données’’, dit la ministre nigériane.

Pour faire face à ce challenge, Mme Ahmed estime qu’il faut utiliser les élections, la législation pour que davantage de femmes se trouvent à des niveaux décisionnels. Par rapport à la législation, la ministre estime qu’il faut encourager le processus depuis le niveau local.

Éliminer la séparation entre le public et le privé

Comme la ministre des Finances nigériane, le directeur général de Banco BHD trouve aussi que les partenariats sont ‘’essentiels’’ et la transformation numérique veut dire qu’il faut davantage de partenariats, non seulement dans le cadre des initiatives visant la parité homme-femme, mais aussi dans ce qu’ils font au niveau des affaires d’une manière générale. ‘’Il faut que les autorités exigent des données ventilées par sexe. Cela permet de mieux comprendre les opportunités qui existent. Ces informations sont très révélatrices. La question de l’éducation, de la formation, de la mise à niveau est primordiale. Il faut éliminer la séparation entre le public et le privé. Un élément crucial, c’est de focaliser ces programmes sur des objectifs communs. Par objectifs communs, j’entends simplement promouvoir le développement humain pour les services bancaires et rapprocher la banque avec le client’’, suggère Steven J. Puig.

Pour l’aboutissement de leurs efforts pour améliorer la vie des femmes, des enfants et renforcer le développement, l’imam et recteur de l’enseignement coranique (mahadra) de la mosquée Ibn Abass, en Mauritanie, pense qu’il faut ‘’se débarrasser’’ de certaines normes sociales, comme les mariages précoces, éradiquer la mortalité maternelle. ‘’Ce que la Banque mondiale doit faire pour encourager les partenariats et le changement, c’est traiter avec les organisations religieuses, le clergé pour leur demander d’aider à changer les mentalités. C’est ainsi que le changement des mentalités sera beaucoup plus rapide. Il y a aussi le rôle des gouvernements. La Banque mondiale doit amener les gouvernements vers plus de transparence, afin de rationaliser les ressources.  Nous avons beaucoup de ressources qui sont malheureusement perdues et beaucoup de capacités humaines dilapidées. La Banque mondiale doit travailler avec les gouvernements pour adopter de nouvelles lois ou mettre en vigueur les lois déjà existantes à cet égard’’, préconise Hademine Ould Saleck.

Selon le religieux, le rôle de la femme a été ‘’malheureusement réduit’’ par plusieurs coutumes sociales qui sont toujours commises par des responsables religieux et politiques. ‘’Il faut qu’ils puissent se débarrer de ces vices et coutumes, et nous espérons que la Banque mondiale va travailler avec les religieux, les imams, les chefs coutumiers, afin de les aider, à leur tour, à aider la banque et les gouvernements pour mettre fin à ces pratiques et aller vers le changement’’, conclut l’imam Ould Saleck.