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Connectivité des institutions d’enseignement supérieur : Le Sénégal, leader dans la zone Uemoa

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L’état des lieux de la connectivité internet dans les institutions d’enseignement supérieur et de la recherche scientifique pour le Sénégal a été l’occasion de faire un bilan du Projet d’appui à l’enseignement supérieur (Paes) et du Padtice. Les études effectuées ont pointé des avancées et des réussites réelles qui placent le Sénégal en leader de l’Uemoa en matière de connectivité. Cependant, beaucoup de parties sont encore à développer. Cette réflexion pose les bases de l’Acte 2 du Paes.

« Nous sommes dans l’optique de mettre les Technologies de l’information et de la communication (Tic) au cœur de notre système d’enseignement supérieur », a déclaré le Professeur Ramatoulaye Diagne Mbengue, point focal du Paes et Conseillère technique au ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche, chargée des affaires académiques. Elle a ajouté que « le projet d’appui à l’enseignement supérieur a doté les universités d’infrastructures et de matériels importants en matière d’informatique ». C’est ce qui est ressorti de la réunion qui a eu lieu mardi et qui présentait les résultats de l’étude commandée par l’Uemoa au Professeur Alain Capo Chichi concernant l’état de la connexion internet au sein des universités sénégalaises.

Au sortir de l’exposé, le représentant de la commission Uemoa au Sénégal, M. Dossolo Diarra a souligné assez justement que les résultats étaient « assez mitigés ». « Nous avons mis en place une infrastructure qui est de qualité et très performante, mais on ne tire pas tout le potentiel qui est offert », a-t-il déploré.

Le Professeur Capo Chichi a tenu à souligner « qu’au Sénégal il y a un gros effort, notamment en matière de capacité numérique ». Cela se matérialise par une place leader au sein de la zone Uemoa en matière de connectivité. De plus, si on en croit le classement mondial d’indice de développement des Tic, le Sénégal se situe au 11e rang africain. Au niveau des coûts, le pays reste compétitif par rapport à ses homologues même si les prix restent très élevés. En matière d’enseignement supérieur, le Profes­seur a confié qu’il préfèrerait « une approche qui intègre les réseaux d’éducation de recherche au niveau international » afin de se libérer un peu de l’approche qui privilégie les télécoms et de diminuer les coûts de connectivité. Il s’est donc montré plutôt satisfait par l’exécution des plans Paes/­Padtice au Sénégal. A l’Université Cheikh Anta Diop (Ucad) par exemple, deux serveurs ont été mis en place, le Wifi est présent, des interlocuteurs locaux ont été formés aux Tic…

De même, le rapport montre une évolution intéressante dans les indicateurs à l’Ucad : en 2014, 43% des enseignants étaient formés aux Tic contre 20% en 2011 et 35% des cours étaient dispensés en utilisant les Tic contre 20% en 2013. Cependant, si « les objectifs ont été relativement atteints, les équipements sont totalement insuffisants par rapport aux besoins », ex­pli­que le Docteur Hakim Hackour, qui a participé à l’étude.

Paes Acte 2 sur les rails

Les infrastructures de l’enseignement supérieur doivent faire face à une croissance des besoins. Ce phénomène va s’accroître, car la population estudiantine est promise à un boum massif. Si les universités n’anticipent pas ce phénomène démographique, elles seront dans l’incapacité de gérer l’arrivée massive d’étudiants. Pour éviter cela, il faudrait notamment suivre les recommandations prônées par l’étude rendue mardi. La présentation, très dense, a fait état de plusieurs manquements notamment en matière de coordination interuniversitaire

. Ce projet de développement se fait sous l’égide de l’Uemoa dans le but que les universités de ses Etats membres grandissent ensemble et progressent sur la voie de la collaboration. Or, dans le cadre de l’essor des Tic (Tic et éducation), il apparaît qu’il y a « un manque de coordination avec les autres projets qui sont nombreux au sein des universités ». De même, s’il salue la politique nationale, le Professeur Alain Capo Chichi appelle à ne pas oublier le secteur privé, sous peine d’un décalage voir d’une rupture entre les établissements publics et privés si ces derniers « ne pouvaient pas bénéficier des mêmes services ».

Les résultats de la première phase de Paes sont mitigés, mais déjà le Professeur Ramatoulaye Diagne Mbengue s’est tournée vers l’Acte 2 du projet, en s’appuyant sur les recommandations exposées précédemment de façon non exhaustives. La connectivité de­vrait être améliorée durant la phase deux du plan qui concernera aussi l’harmonisation des actions entre les universités. La Con­seillère technique du ministère a notamment parlé d’un bac à date commune et d’équivalence de diplômes pour les échanges interuniversitaires. La connexion internet concerne aussi bien le développement des universités sénégalaises que l’essor d’une collaboration régionale entre les universités.

Baptiste Madinier

(Source : Le Quotidien, 24 février 2016)

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